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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 12:58

SEMAINE 1 – Jardins de la Grelinette Arrivée mercredi après midi. Jean Martin vient me chercher au saut du bus à Cowansville, à 30 min de voiture de la ferme. Nous traversons la région des cantons de l'Est et je la découvre très agricole. J'ai hâte de voir la ferme et je ne suis pas déçue. Je rencontre mes futurs collègues, même éphémères (les stagiaires restent en principe 3 semaines, 1 nouveau chaque semaine), en plein dans leurs tâches respectives : Sophie, Nicolas, Delphine et Jean-François. Comme le « dîner » (comprendre déjeuner) est proche, je ne m'y mets pas tout de suite mais visite la ferme découpée en 10 jardins identiques (pour en savoir plus, lire le livre de jean Martin Fortier, le jardinier maraîcher chez Ecosociété) et le campement avec les yeux brillants : concernant la ferme, le livre de Jean-Martin était plus que fidèle : les jardins se déploient de toute part autour de la maison . En contrebas, un petit bassin d'agrément, puis quelques plantations fruitières (framboisiers et rhubarbe) ainsi qu'un verger récent (pommiers, pruniers, poiriers...) et, de l'autre côté du chemin, le poulailler et l'enclos de la chèvre, Etoile, et de ces deux chevreaux incroyablement « cute » (comprenez mignons et craquants à souhait). Le chemin se poursuit vers le campement, dans le sous-bois. De chaque côté, des tentes en bois, une toilette sèche et le pavillon des woofers, l'espace partagé qui contient la cuisine, un salon et une douche de plein air. L'espace du feu de camp a été prévu car, comme dit Jean-Martin, « ne pas faire de feu de camps au Canada, c'est une erreur formidable ». En face de la baie vitrée du pavillon, le réservoir d'eau, un bel étang surplombé par le sauna dans lequel j'élis momentanément résidence. Le soir, il faut entendre le concert des grenouilles ! (que je prends pour une alarme un soir, provoquant les moqueries amusées et sympathiques de mes comparses)  Le matin, un couple d'oies de Bernache (outarde ici) atterrit bruyamment dans la mare. Samedi, nous apercevons également des cerfs de Virginie à la lisière du champs voisins, et Sophie et moi avons repéré des traces de sabots dans le chemin. Sur la ferme, le travail se fait dans la bonne humeur et sans stress mais avec un souci d'efficacité. Maud-Hélène répartit le travail, et nous montre patiemment chacune des tâches. Elle nous initie aussi à la greffe des tomates. Jean Martin corrige nos gestes (posture mauvaise pour le dos, multiplication de gestes inutiles, tenue d'un outil qui minimise son utilité....) et nous appelle pour de petites présentations-démonstrations de techniques : charrue rotative pour surélever les planches permanentes, pyrodésherbeur (5 foyers couverts pour une utilisation en tout temps et une intensité suffisante) Ici, les plants sont magnifiques. Les tables de semis sont réalisées avec un cadre de bois rectangulaire recouvert ensuite de lattes de bois soigneusement clouées, le tout posé sur des parpaings dans la serre. Dès qu'il manque de place dans la serre principale (qui est chauffée pour démarrer la saison avant les dernières neiges et les dernières gelées), une nouvelle table peut donc être fabriquée facilement. Côté climat, pour mémoire, la Montérégie (région administrative autour de Montréal à laquelle Saint Armand se rattache), est plutôt privilégiée mais il y a quand même de la neige jusque fin mars environ. Et la saison ne peut pas vraiment continuer après novembre (et encore grâce aux serres). C'est pourquoi JM et MH partent des plants dans leur maison bien au chaud derrière la baie vitrée et des semis en serre chauffé (dans laquelle ils transplantent les plants de tomates ensuite) Le but est d'avoir les cultures nouvelles le plus tôt, pour attirer des clients au marché. Et cela sera réussi cette année, aux vues de l'avance de leurs plants de tomates. Pas de récolte pour le moment, en dehors d'un peu de mesclun, qui participe grandement à l'économie de la ferme par ailleurs. Mais les 10 jardins sont presque déjà tous remplis. La « procédure » est souvent identiques : le jardin à mettre en culture est bâché avec une bâche noire étanche mais percée de quelques trous pour éviter un poids trop lourd lors de son retrai du fait de l'eau acucmuléet, pendant au moins 2 ou 3 semaines, afin de provoquer une levée de mauvaise herbe et leur mort par étiolement (contrôle des mauvaises herbes ou adventices par occultation) Puis, la bâche une fois enlevée, les planches permanentes sont passées à la grelinette (elle s'enfonce tellement facilement que ce n'est pas la corvée épuisante que l'on pourrait penser). Un fertilisant type sang séché ou fumier de poule est ajouté et incorporé lors du passage de la binette à roue. Une année sur deux, la planche reçoit aussi une grosse quantité de compost pour structure le sol et le nourrir. Le travail de préparation est achevé par un coup de rateau (avec retrait des mottes éventuelles) puis le traçage des sillons de semis-plantations avec le même rateau augmenté de traceurs. Cette semaine, j'ai : préparé des planches pour la plantation de poireaux, préparé des planches et transplanté des épinards, préparé des plateaux pour le semis et semé des courges d'hiver, des melons et pastèques, égourmandé et tutoré des tomates, repiqué et préparé des pots de basilic pour une vente de plants... Samedi, la famille étant partie et le vent tempétueux, j'ai aussi essayé de remettre les bâches envolées des serres chenille avec Jean François ! Heureusement, le vent tombera dans la nuit. Je réalise une fois de plus combien je ne me sens pas encore prête, et combien il est pourtant nécessaire de se lancer !

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